Qui a peur de la justice ? Pas Aurore à qui, aujourd’hui, on refuse un procès

Posted on 02/10/2012

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Affaire subutex

Justice pour Aurore à Maurice

« Joël Toussaint, animateur du collectif de soutien aux victimes du Subutex sur l’Île Maurice. Une audience devant le tribunal de Port-Louis est prévue le 15 octobre… »

Dans le dernier courrier adressé à sa mère, Aurore expliquait vouloir « prouver qu’elle est innocente », déterminée à montrer qu’elle aurait été piégée. Sauf que, selon son comité de soutien, personne à Maurice aujourd’hui ne lui laisserait les moyens de se défendre, maintenue dans un entre-deux, avec des charges provisoires de détention de Subutex retenues contre elle. C’est un provisoire qui dure et la jeune fille, quant à elle, est bel et bien en prison. Après 16 mois de procédure, aucune charge formelle n’a encore été retenue contre elle.

« Nous sommes dans un État de droit. À Maurice, les prévenus sont considérés comme innocents. Si l’on souhaite la voir coupable de quelque chose, qu’on la juge alors ! Qu’on lui accorde le procès qu’on lui refuse aujourd’hui », affirme Joël Toussaint, l’animateur du collectif de soutien aux victimes du Subutex à l’Île Maurice, alors qu’une audience devant le tribunal de Port-Louis, doit avoir lieu, le 15 octobre. Une nouvelle (première) audience. Car, visiblement, les choses sont loin d’être aussi évidentes.

Et même si Me José Moirt a réussi, depuis qu’il s’est saisi du dossier, à faire en sorte que le directeur des poursuites publiques (l’équivalent du parquet en France), soit convoqué aux audiences, et s’engage à dire formellement qu’elles sont les charges retenues contre elles, dans un délai très court, le fait est que les audiences sont les unes après les autres reportées par le tribunal, sous prétexte, qu’à chaque fois, la police mauricienne a demandé et obtenu un nouveau délai pour terminer son enquête.

D’abord en août. Puis un mois plus tard début septembre. Cette fois-ci, la police a en effet expliqué avoir demandé à Interpol de rechercher celui qui aurait mis le Subutex dans ses affaires, son ex-petit ami, Tinsley Cornell. « Pourquoi demander à Interpol de le rechercher maintenant alors que, depuis 16 mois, il est tout à fait libre de ses mouvements ? Pourquoi ne pas demander à la police française puisque les deux pays ont des relations diplomatiques.

Et même si Interpol le retrouvait, et même si on l’interrogeait. Que pourrait-il se passer ? Rien. Il n’y a pas d’accord d’extradition vers l’île Maurice. La réalité, c’est que la police traîne des pieds pour l’enquête, et tant pis pour le droit des prévenus. La jurisprudence établit que la privation de liberté doit rester l’exception et non être une règle. Ce que vit Aurore est un abus. »

Dans l’attente de l’audience du 15 octobre, Joël Toussaint lâche encore : « La police mauricienne vient d’épuiser ses cartouches. Elle ne va pas avoir le choix que de donner les résultats de son enquête afin que le directeur des poursuites publiques puisse dire s’il y a matière à engager des poursuites ou non. Jusqu’à quel point peut-on abuser la Cour de cette manière, combien de délais vont-ils encore demander et combien encore vont-ils en obtenir de manière automatique? Qui a peur de la justice ? Pas Aurore. Elle a un avocat. Elle est prête à se défendre. Et je peux vous dire que son dossier est prêt lui aussi.»

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